Franchement, je n’ai pas trop la tête à faire un bilan. Ça sonne un peu cul-cul-la-praline mais je suis tourné vers 2018 avec l’objectif du Challenge Roth dans 6 mois et mon énergie se focalise sur cette préparation. Les deux dernières années m’ont permis de comprendre des choses dans le monde du triathlon et de tester des choses. Ma réflexion stratégique est faite et maintenant je dois faire le métier, je dois rester régulier et discipliné.
J’ai acheté une Apple Watch Series 3 (AWS3). Mon déclencheur d’achat a surtout été les évolutions de WatchOS et la possibilité d’écouter des podcasts sans avoir son téléphone sur soi (en bidouillant un peu). Je n’ai jamais mis de brassard à téléphone, je n’aime pas trop ça et juste une montre au poignet (enfin ptêt deux ;)) me séduit.
Vous me connaissez, je ne vais pas faire une présentation ou des tests exhaustifs. Nakan.ch et DCRainmaker font ça superbement. Il y a aussi le blog de Ian, triathlete, focalisé sur l’utilisation de l’Apple Watch Series 3 pour sa prépa Ironman
Lorsque l’Apple Watch est sortie en 2015, je me souviens avoir été super déçu des capacités de la montre. Je me disais que Garmin avait encore de beaux jours devant eux. Je ne comprenais le pari sur la montre comme accessoire de mode. En tout cas, je n’étais pas le coeur de cible et en bon fan boy, j’étais déçu qu’Apple ne semble pas vouloir de mon argent. Récemment, Apple a mis le paquet sur le côté fitness, et les progrès ont été substantiels. La firme de Cupertino (j’écris comme les sites de new Apple ;)) a monté un énorme labo pour rentrer pleinement dans le monde du fitness. Tout ça se sent dans l’AWS3.
Commençons par ce qui me plait vraiment dans l’AWS3 :
- la configuration au déballage et au quotidien est facile (cf les difficultés de liaisons Bluetooth avec d’autres produits)
- l’écran explose toute la concurrence
- le combo Apple Watch + Airpods est top (ça arrive chez Garmin…)
- la natation en piscine qui gère toute seule les pauses au bord du bassin
- les données sont cohérentes (FC, allure, distance, VO2max dans l’app Santé)
- l’ergonomie et légèreté de la montre
- la batterie qui tient bien le coup pour ce que je fais de la montre
- la connectivité avec le téléphone qui est solide, en eau libre, avec mon téléphone dans ma bouée, je pouvais envoyer des SMS avec Siri
- Siri au poignet m’a vraiment fait passer l’envie de découvrir les enceintes-assistants personnels
Ce qui est un peu neutre mais intéressant :
- Le suivi d’activité est performant
- Les apps Activité/Santé ne sont pas à mon goût mais y’a un joli potentiel de croissance et d’amélioration
- La visualisation de la FC en récupération
- Les données de VO2max me paraissent cohérentes, au bémol près qu’elles fluctuent un peu trop vite
- les bracelets se changent super facilement, s’ils étaient un peu moins chers, je me ferais une petite collection
Ce qui est un peu gênant :
- l’écran tactile en nageant et la nécessité d’expulser l’eau
- l’écran tactile impraticable avec des gants
- pas de mode dédié « Musculation/Fitness/Crossfit » ! je suis vraiment étonné de ça. Ca va arriver pour sûr. (Il doit y avoir des apps tierces). Ceci dit le mode HIIT de la montre est censé répondre à cette activité.
- pas d’utilisation « facile » des datas, exportation par app tierces, etc.
- pas beaucoup de champs de données affichés, avantage sur la simplicité et l’affichage mais ça déroute un utilisateur avancé
- pas de connexion ANT+ mais ça n’est pas étonnant
- pas de possibilité de relier un capteur de puissance facilement (il faut passer par une app tierce et je pense qu’il faut avoir son téléphone avec soi mais je n’en suis pas sûr)
- la batterie file quand même vite en activité
L’analyse des données recueillies sur l’AWS3 est un peu frustrante, pour retrouver vos données sur les autres plateformes, il y a aujourd’hui des solutions payants comme HealthFit ou RunGap.
En conclusion, je ne me vois pas faire un triathlon avec, mais sincèrement lorsque je lèverai le pied, je trouve que cette montre suffirait ! En l’utilisant plusieurs semaine d’affilée au quotidien, mon avis est bien plus solide et enthousiaste que lors de mon déballage pour aller à la piscine. Avec du recul, j’ai clairement précipité mon avis sur l’AW à la piscine. Garmin : brace yourself !
Bonjour ! je vous propose aujourd’hui le canevas d’un topo que j’ai fait pour mon club de triathlon avec l’aide d’un collègue infirmier anesthésiste.
Ecoutez votre corps, surtout les signes inhabituels (douleur dans la poitrine, essouflement inhabituel). Arrêtez vous et appeler le 18/15/112 !
Take care !
https://docs.google.com/presentation/d/1RDTjnpH1RI3XbT9kkYFx61xlNUwENaRUbZ730an-FQ4/edit?usp=sharing
Ok. On va parler de choses simples. Basiques. Du coût mensuel de votre téléphone.
J’ai choisi un iPhone 7. Forfait avec plus de 2 go d’internet parce qu’aujourd’hui, ça va quand même très vite (et pour faciliter la comparaison). Pour la revente du téléphone, j’ai calculé que je perdais environ 200 euros par an avec des iPhone haut de gamme. Le tableur.
J’ai eu une journée qu’on pourrait qualifier de merdique. Je suis assez stoïque, ça arrive. J’aime plutôt ma capacité à accepter ça. Néanmoins, je trouve intéressant de partager une petite histoire de patient et une anecdote annexe.
Arnica 9 CH x3/jour
Fin de consultation. Je donne et j’explique les ordonnances d’antalgiques pour une intervention bénigne qui aura lieu en ambulatoire. Et là, je suis surpris par une question : « Docteur, pouvez-vous ajouter de l’arnica sur l’ordonnance ? j’en prends à chaque fois avant les opérations, et après aussi, ça m’aide bien »
Ce matin, discussion avec ma super interne sur le tabac en péri-opératoire. Deux remarques sur la feuille d’anesthésie du patient : ne pas zapper cette donnée car c’est utile pour calculer le score d’Apfel et une interrogation autour d’une prescription de Nicopatch par un autre collègue.
Toute à l’heure, en prenant ma douche après être arrivé au travail en courant, m’est venue cette réflexion sur une problématique de mon travail d’anesthésiste-réanimateur. Je suis payé pour faire des choses mais la grosse valeur de notre métier c’est de faire que d’autres choses n’arrivent pas. La mort étant le plus gros obstacle à éviter.
Merci à Scancrit.com d’avoir causé de cette étude intéressante https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26174308 dans http://www.scancrit.com/2017/10/08/relax/
(Pour tester votre équipe de collègue, laissez vous curariser tout en étant réveillé par leur soin !!)
On y apprend que les curares seuls influencent grandement le BIS. Pendant une anesthésie, j’avais observé des variations et j’avais en tête que l’activité musculaire des muscles de la face pouvait influencer le résultat du BIS. Ici, les auteurs prennent ce travail comme plus d’eau à leur moulin d’anesthésistes déjà peu enclin à utiliser le BIS. En tout cas, je le comprends comme ça.

Moi j’aime d’autant plus utiliser le BIS, que je travaille dans un secteur chirurgical (l’ORL) où nous utilisons très rarement des curares. Et dans ce contexte, je trouve que le BIS m’apporte un plus. C’est loin d’etre parfait mais je trouve que ça m’aide à titrer les hypnotiques et/ou indirectement les vasopresseurs. Et vous ? (< astuce de blogueur désoeuvré)
Le samedi 8 septembre 2017 j’ai participé au Challenge Almere moyenne distance. Almere est à côté d’Amsterdam. C’était une bonne destination pour le lillois que je suis : bien placée dans le calendrier et pas loin de chez nous simplifiant la logistique. (Pour des conseils sur les voyages en train avec un vélo, lisez le magazine 200 ou le billet de Pierre M.) La route a été un peu flippante : des trombes d’eau et des bouchons. Petit stress pour l’horaire de retrait des dossards et l’enchaînement vers la pasta-party. D’habitude, je déteste les pasta-parties, mais là c’était très bien organisé, la salle était à la bonne échelle et la nourriture variée. Puis dodo de veille de course dans un Airbnb original (les hollandais sont pleins de ressources décoratives).
Au réveil, la météo est tout bonnement dégueulasse. #good. Plus d’hésitation sur l’équipement à vélo : ça sera la Gabba manches longues.
OFA 101, conclusion
La nouvelle approche de l’OFA bouscule les dogmes qu’on nous enseigne. Cette technique permet de montrer qu’il est possible de se passer de morphino-synthétiques en per-opératoire. Les repères habituels sont modifiés par l’imprégnation des alpha2-agonistes avec globalement une meilleure stabilité hémodynamique. Il faut tenir compte de la potentialisation de chaque drogue afin d’éviter un surdosage et une sédation excessive en SSPI. Les constatations cliniques que je fais sont des patients moins algiques, consommant moins de morphine, sans NVPO, moins confus en SSPI et à J1. Le bénéfice de l’OFA est plus marqué pour les chirurgies majeures, longues, avec risque élevé de douleurs chroniques post-opératoires. Il existe également un bénéfice chez les patients avec antécédents de NVPO, opioïdes dépendants et toxicomanes. J’aurais donc tendance à cibler les indications et à ne pas en faire pour tous les patients. L’OFA est tout à fait compatible avec la chirurgie ambulatoire. Il me semble important d’aller voir ces patients en post-opératoire afin de se rendre compte du bénéfice et d’échanger avec les chirurgiens et les infirmières des services car ils constatent aussi une différence. L’OFA semble donc être une technique prometteuse. Toutefois, la littérature est pauvre sur le sujet. C’est une volonté de ma part de ne pas avoir mis de références bibliographiques car il n’existe pas à l’heure actuelle d’études avec un fort niveau de preuves. L’OFA pousse le concept d’épargne morphinique à l’extrême. Si l’épargne morphinique est prouvée, la suppression des opioïdes synthétiques reste à prouver. Pour le prouver, il faut se lancer et j’espère que cet article vous incitera à le faire.
Suite des explications sur l’OFA par Alexis. Il y a des choses que je fais différemment (des détails sur les posologies de kétamine ou de dexaméthasone, l’administration de magnésium). Vous trouverez ici un bon point de départ pour proposer une anesthésie sans ou avec très peu de morphiniques.
Rémi nfkb
Etant donné que cette technique anesthésique est nouvelle, nos confrères belges sont les précurseurs, il existe plusieurs façons de procéder. Au cours de mes échanges avec différentes références de l’OFA (De Kock, Mullier, Estebe), j’ai réalisé la synthèse suivante :
En OFA, on a besoin de quoi ?
Avant toute chose, l’OFA n’est pas un cocktail médicamenteux à l’exclusion de tout morphinique. Il convient d’insister que la suppression des morphinique concerne le temps per-opératoire. En post-opératoire et notamment en SSPI, on a parfois besoin d’une faible quantité de morphine mais à moindre dose par rapport à un protocole classique d’anesthésie avec morphinique. La nécessité d’une titration morphinique n’est donc nullement un échec de la technique OFA.
La plupart des drogues du protocole sont utilisées quotidiennement dans notre pratique:
Alexis, interne d’anesthésie, m’a contacté pour faire une note sur l’anesthésie sans morphiniques. Je lui cède la parole :
Vous avez dit 0 opioïde ?!
J’ai reçu mon Apple Watch Series 3 ce matin à 11h42. Je me suis empressé d’aller nager avec pour vous rapporter mes premières impressions quant à son utilisation pour la natation en piscine. La première synchronisation prend un peu de temps, je n’ai donc pas eu beaucoup de temps pour me familiariser avec la montre (mode d’emploi ici). C’est donc un premier retex très brut de décoffrage.
Tout de suite, il y a un truc qui me déplaît : le bracelet. J’ai choisi le bracelet sport justement dans l’optique de pouvoir mettre la montre au contact de l’eau sans arrière-pensée. Que ça soit pour clipser l’ergot ou pour enrouler le bracelet sur lui-même, ça ne me plait pas trop. Peut-être un apprentissage à avoir, mais avec ce genre de produit, il ne devrait pas y avoir le moindre froncement de sourcil au déballage. Bons points quand même : la montre est livrée avec deux tailles de bracelet lorsque vous prenez ce bracelet sport : S/M et M/L. Et ensuite, une fois que j’ai bataillé pour attacher ma montre, je trouve le port confortable
Fun : hier, visite du laboratoire Aguettant au bloc à l’heure du déjeuner, évidement je reste le nez dans mon Tupperware. J’apprends au retour de la collègue qui a été voir la dame qu’Aguettant s’inquiète d’une utilisation déraisonnée de la noradrénaline en bolus avec une bonne tartine de désinformation typique de la visite médicale.
Une bonne tranche de LOL !
Rappel : la seringue d’éphédrine pré-remplie Aguettant coûte approximativement 3,4€ chez nous au CHRU de Lille. L’ampoule de noradrénaline, 37 cents je crois.
Encore merci à Minh pour son article, là ça me fait encore plus plaisir
Je reviens de vacances sportives à Morzine et je trouve que c’est vraiment un super endroit pour s’entraîner l’été.
Pourquoi ?
- Il y a tout ce qu’il faut pour pratiquer le triathlon : un très beau lac de montagne (température entre 18° et 20° ces dernières semaines), une piscine avec un bassin extérieur de 50 m pas trop chargé, un bassin intérieur de 25 m, des sentiers à l’ombre sur le plat, des sentiers de trail pour manger du dénivelé et du travail en excentrique, des cols à grimper en vélo de difficultés variés avec des paysages de rêve.
- La ville est petite, c’est facile de circuler à pied, il y a tout ce qu’il faut en matière d’hébergements, restauration, etc. (Avec mon petit favori : le Satellite Coffee) Des boutiques de sport et de vélo à gogo (grosse activité de VTT de descente avec ses gladiateurs-bikers)
- Pour s’y rendre, l’autoroute blanche vous dépose à Cluses et après y’a seulement une trentaine de minutes de route de montagne. L’aéroport de Genève est à une heure quinze avec beaucoup de services de navettes. Le train peut aussi vous amener à Cluses mais là je crois que ça relève plus du tortillard.
J’ai passé une semaine où les entraînements de sport étaient réglés par Amelia et Joe de Buzz Performance, ils gèrent super bien l’équilibre entre entraînement et vacances. J’ai ainsi pu caser une des mes plus grosses semaines d’entraînement avec un pic de CTL sans me sentir exténué comme je peux l’imaginer dans certains autres « camps ». Ils sont australiens et 90% de leurs clients sont anglo-saxons, c’est donc une bonne occasion de pratiquer aussi votre anglais pendant des vacances sportives. Je les trouve vraiment super, je vous conseille de faire une semaine avec eux, vous ne le regretterez pas : tout est smooth, bien réglé, il n’y a pas de pinaillage à la con, c’est nickel !
La semaine s’est conclue par le Triathlon International du Mont-Blanc qui se déroule à Passy. J’ai fait le format M (olympique). Les cuisses étaient bien dures en arrivant, donc, pas d’exploit attendu mais la volonté de gagner en expérience que ça soit dans les transitions et surtout en natation.
Bon, j’ai fait ma coiffeuse au départ de la nat’ en me plaçant vraiment trop loin et j’étais scotché derrière une horde de brasseurs… j’ai gromelé comme un putois avant de trouver un moyen de faire l’extérieur et de prendre plus de plaisir. Sur la fin, l’eau me paraissait trop chaude (22°) ! La sortie de l’eau se passe bien, la combi est vite enlevée grâce au tartinage intensif d’huile d’amande douce et je monte plutôt bien sur le vélo compte tenu de mes chaussures de tri un peu foireuses (neuves et pas trop à mon goût mais vous connaissez sans doute l’histoire…) Ensuite, je ne regrette pas d’avoir mis les prolongateurs car je me sens vraiment bien posé, j’ai du mal à trouver mon souffle car j’ai essayé d’accélérer sur la deuxième partie de la nat et la transition, mais les jambes vont bien. Je rattrape du monde, on m’annonce 54, je suis étonné vu la médiocre nat’, j’avance, je reprends encore quelques cyclistes qui semblent en force, zigzaguant dans les 10% de la pente vers Plaine-Joux. L’effort est difficile, le cardio s’envole dans la chaleur (il est alors à peu près 15h). Je tiens le cap en matière de puissance, je me doute que mon NP tombera au cours de la descente mais je peux guère appuyer plus (je ciblais 220 W soit 88% de mon FTP). Il fait un peu moins chaud en haut, ça fait du bien, un verre d’eau sur la tronche et hop la descente, je suis prudent, étant peu à l’aise dans cet exercice. Ceux que j’avais repris reviennent et me dépassent. Certains sont vraiment au taquet, avec une route ouverte, je leur souhaite bonne chance ! La descente est assez longue, ça permet de retrouver mon souffle mais pas trop de s’alimenter ou boire, je suis concentré sur la trajectoire. On sent la vague de chaleur monter de la vallée, la CAP va être chaude… Sur le plat avant la fin j’en rattrape quelques uns, et je gère pas trop mal ma descente du vélo. Transition OK, je prends le temps de vider mes gourdes. Démarrage de la CAP par une douche : merci l’orga ! Mon souffle est court, les cuisse sont un peu raides, je suis dans un bon rythme mais plus lent que celui que j’escomptais, j’espérais du 4:30 je suis plutôt à 4:45 et la FC est franchement haute, je décide d’attendre de voir comment je me sens. Le soleil tape, un petit point de côté se fait sentir, c’est pas facile, suis un peu collé. Je reste néanmoins bien gainé et je rattrape quelques concurrents dont la troisième fille (un grand classique pour moi). Sur le deuxième tour, je me sens toujours ok, pas beaucoup de marge mais je tiens le rythme. Je ne pète pas. Petite accélération pour finir (inspiré par nos champions et voilà, suis content, j’ai bien couru malgré le peu d’entraînement et les cuisses démolies par le vélo et le trail. A l’arrivée, le ravito est top : sucré, salé, pastèque, bouteille de Vichy à disposition, douches, arrosage, mini jacuzzi, kinés, c’est vraiment top ! Y’a même une petite machine qui vous livre le ticket de caisse avec votre classement et les différents temps de passage ! Merci l’orga, merci les bénévoles ! Je vous conseille ce tri +++ Surtout aux machines grimpeurs/voltigeurs comme Benoît L !
Bonjour, je m’appelle Minh, et suis anesthésiste-réanimateur.
Rémi m’a invité ici pour discuter de la noradrénaline en anesthésie.
Les agents anesthésiques couramment utilisés induisent une sympatholyse, une diminution de la noradrénaline et de l’adrénaline endogènes, résultant en une veinodilatation responsable d’une baisse de la précharge, et donc du débit cardiaque. Sur nos moniteurs, nous voyons souvent une hypotension artérielle apparaître, reflet de cette baisse du débit cardiaque.
Plusieurs solutions s’offrent à nous pour restaurer ce débit cardiaque.
Nous pouvons remplir le contenu veineux. Le contenant étant plus volumineux, la restauration de la précharge sera longue par cette méthode. Il y aura donc un temps d’hypodébit cardiaque et donc d’hypoperfusion d’organe assez long.
Le bon sens nous dirait : nous avons veinodilaté, il nous suffit donc de veinoconstricter.
Veinoconstrictons. Et nous avons des produits pour ça : éphédrine (E), néosynéphrine (N), noradrénaline (NA).
L’E agit par un mécanisme majoritairement indirect, en libérant les cathécholamines endogènes au niveau des terminaisons nerveuses. Elle augmente donc la noradrénaline endogène, favorisant la veinoconstriction et l’augmentation du débit cardiaque. Par ailleurs, elle induit une tachycardie.
En pratique, elle fonctionne, mais son efficacité est aléatoire, et épuisable.
Chez un patient que l’on ne veut pas rendre tachycarde, elle peut être délétère.
La N, de part son activité alpha1, a une activité purement vasoconstrictrice : veinoconstrictrice et artérioconstrictrice. Après administration de N, la pression artérielle remonte. Nous sommes contents. Cependant, le débit cardiaque diminue. Rappelons que PA = Q * RVS, ou PA est la pression artérielle, Q le débit cardiaque, RVS les résistances vasculaires systémiques. N augmente les RVS, mais diminue le Q, car augmente la postcharge. Le ventricule gauche (VG) doit lutter contre une postcharge plus importante, et chez les patients aux antécédents de dysfonction VG, la N peut suraltérer la fonction VG.
La NA est un vasoconstricteur. Veinoconstricteur en grande partie, et aussi un peu artérioconstricteur. Une administration de NA entraine une augmentation de la précharge, très peu de la postcharge, et en résulte une augmentation du débit cardiaque. C’est exactement ce que nous cherchons à faire. Nous savons que les agents anesthésiques couramment utilisés induisent une sympatholyse, une diminution de la noradrénaline et de l’adrénaline endogènes, résultant en une veinodilatation responsable d’une baisse de la précharge, et donc du débit cardiaque. La NA semble être la drogue de choix.
Alors pourquoi ne l’utilisons-nous pas ? Juste personnellement, je pense qu’une non utilisation de la NA ne peut relever que d’une méconnaissance de ce médicament. J’ai souvent entendu :
“Ca fait trop de vasoconstriction, il va faire un infartcus” -> Si on dit “trop”, c’est qu’il y a un effet dose. Il faut donc diminuer les doses. Et la NA n’est pas plus artérioconstrictrice que la N.
“J’ai déjà vu des gens amputés des 4 membres car trop de NA” -> C’était probablement des chocs septiques, avec une coagulopathie septique, des microthrombi, une défaillance endothéliale, nécéssitant des fortes doses de NA pour survivre. Certes, il y a eu une nécrose des extrémités, mais réfléchissons : imaginons que cette nécrose serait dûe à la NA. Imputabilité de la NA ? Arrêtons donc la NA. Les extrémités ne deviendraient pas roses, ce serait même plutôt tout l’organisme qui serait nécrosé.
« Moi j’ai toujours fait de la néo, ça a toujours marché » -> Effectivement si la finalité est la pression artérielle (mesurée dans les gros troncs artériels), la néo marche. Mais aujourd’hui, où notre finalité est le débit cardiaque, ben ça ne marche plus…
On administre du blanc, on diminue le débit cardiaque, on hypoperfuse les organes. On trouve ça normal.
Pourquoi ne pas antagoniser notre iatrogénie ?
C’est comme si je renversais du café dans la salle de pause, et que je disais “ça va sècher” ou “l’ASH va le faire”. Vous trouvez ça normal ?
Et du coup, la NA, c’est bien, mais est-ce qu’on a du recul là-dessus ?
La réponse est oui.
Une étude randomisée comparant la N et la NA chez des patientes bénéficiant d’une césarienne sous rachianesthésie publiée dans Anesthesiology en 2015 retrouvait : meilleur débit cardiaque dans le groupe NA, pas de différence de l’Apgar, meilleur pH néonatal dans le groupe NA, et, étonnamment, les dosages de noradrénaline et d’adrénaline dans l’artère et la veine ombilicales revenaient plus hauts dans le groupe N que dans le groupe NA. Adaptation foetale à l’hypoperfusion utéroplacentaire ?.
D’autres travaux comparant N et NA retrouvent une diminution du débit cardiaque dans le groupe N (voir table ci-dessous, extraite d’un article en accès libre).
En pratique : voici une recette que je trouve facile et efficace :
Une ampoule de NA (8mg) dans NaCl 0,9% ou SG5% 500mL = 16µg/mL.
A l’induction, tout de suite après avoir poussé l’agent hypodynamisant : 8µg (0,5mL) à 32µg (2mL) en bolus selon fragilité prévisible du patient.
Si nécessité de répéter les boli : seringue autopulsée, environ 30mL/h, à adapter selon la cinétique du débit cardiaque ou de la pression artérielle.
Une fois après avoir essayé, on ne peut plus s’en passer.
En plus, c’est tout doux.
Ca marche au bloc, mais c’est aussi une aide précieuse en réa ou dans les étages quand on est amené à intuber dans l’urgence.
En conclusion :
L’induction anesthésique s’accompagne le plus souvent d’une diminution du débit cardiaque, dont les mécanismes font intervenir une sympatholyse, une diminution de la noradrénaline et de l’adrénaline endogènes, résultant en une veinodilatation responsable d’une baisse de la précharge, et donc du débit cardiaque.
La noradrénaline antagonise ces mêmes mécanismes et restaure efficacement le débit cardiaque.
Pour une lecture plus approfondie, je vous propose:
Mets B. Should Norepinephrine, Rather than Phenylephrine, Be Considered the Primary Vasopressor in Anesthetic Practice? Anesth Analg 2016 May;122(5):1707-14.
Merci de votre attention.
Minh
(Je peux mettre à jour le billet de recette face à une hypotension ?!)
UPDATE : Beau travail du Pr FUTIER http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2654895
UPDATE par Rémi/nfkb :
L’utilisation de la noradrénaline plus précocement est intéressante comme le montre Minh içi et notre pratique tant à le prouver. Néanmoins, ce médicament très puissant reste à manier dans des environnements adaptés et penser à switcher vite vers des concentrations plus élevées et à monitorer la pression artérielle de façon invasive dès que le patient devient instable et pas juste un peu vasoplégique à cause des drogues d’anesthésie. Merci Grégoire.
Update #2 Au quotidien, nous avons protocolé son utilisation dans le service avec une dilution dans une poche (Baxter Mono-luer) qui ne se percute pour éviter l’erreur d’administrer la poche en débit libre à un patient (merci Benjamin).
Cette poche reste dans un endroit précis. De plus, j’ai plutôt tendance à faire de plus en plus de SAP. Les boli je les limite à 16 µg, quitte à les répéter (après un résultat de PNI) en attendant l’introduction de la SAP. Je me focalise sur les patients les plus âgés ou fragiles. La noradrénaline en bolus à un patient jeune, ASA 1, vierge de médicaments au long cours (anti-HTA, antidépresseurs, etc) me parait plus sujette à des réactions importantes. Autour de 30/40 ml/h, il faut réfléchir à la situation et il parait logique de préparer de la noradrénaline plus concentrée en SAP.
Hasard et habitudes
Il est vendredi soir. Vous appréciez la coupure du week-end qui arrive. Vous vous rendez dans votre pizzeria préférée. Le patron vous salue dès votre entrée, il vous appelle par votre prénom. Le serveur vous place à votre table favorite puis lance : « une pizza 4 fromages et une San Pé comme d’habitude ? ». Vous acquiescez. Votre assiette arrive rapidement. Vous vous délectez de cette pâte si bien cuite. Vous appréciez ce juste équilibre entre des parties vraiment noircies par la cuisson au feu de bois et d’autres zone moins cuites. Le fromage a toutes les qualités organoleptiques qui allument les zones du plaisir dans votre cerveau. Vous êtes bien. Vous êtes dans votre zone de confort.
Le lendemain matin, au lever, vous sentez un petit mal de crâne poindre. Vous vous dîtes qu’un bon café Illy va régler tout ça et vous remettre d’aplomb pour bien profiter de votre samedi. Vous avez bien envie d’aller à la salle de musculation faire votre « set » habituel de biceps curls et autres dead lifts.
Vous ouvrez votre réfrigérateur, vous attrapez la boîte de café. Un mauvais sentiment vous envahit, la boîte est bien légère. Vous l’ouvrez : vide. Ah oui ! c’est vrai, vous avez reçu un ami pour le dîner jeudi soir et ce curieux hurluberlu boit deux cafés le soir ! Vous avez oublié d’en racheter, votre mal de tête s’empire. Vous décidez d’aller au café du coin de la rue dans lequel vous n’êtes jamais rentré.
Dans le bistrot, vous découvrez une riche faune d’habitués. Ils ont l’air de bien se marrer. La flore, elle est un peu pauvre : un ficus dépérit dans un coin, il a soif, lui. Vous commandez votre expresso. Rien qu’à l’odeur, votre mal de tête va un peu mieux. Vous êtes là par le biais du hasard et vous vous laissez aller à vos réflexions. Et faut que je pense à… Surtout je ne dois pas oublier de… et puis ces pensées autoritaires tournent les talons. Les sensations odoriférantes du café passent dans votre rhinopharynx, ça fait du bien. Vous repensez à ce billet de qffwffq, et soudain eurêka, vous comprenez un truc.
Voilà une question qui revient souvent : vaut-il mieux accentuer ses efforts sur des exercices de force, intenses ou sur de l’endurance lorsque l’on veut perdre du poids ?
Les partisans de l’endurance racontent que cet effort est idéal car le métabolisme consomme plus de lipide à basse intensité. Les partisans de la musculation prônent l’augmentation de la masse musculaire qui augmentera le métabolisme de base et in fine devrait vous aider à faire pencher la balance côté dépenses. De plus, après les efforts de haute intensité (HIIT) genre cross-fit ou functional training, il se raconte qu’il y a de la consommation d’énergie après l’effort pour rétablir l’homéostasie.
J’ai cherché de quoi consolider ces memes qui se diffusent dans un « camp » et dans l’autre. Bon. Je suis resté un peu le bec dans l’eau. Pubmed m’a donné cette méta-analyse assez récente :
J’ai continué de lire les abstracts. Je vous résume l’affaire : y’a des petits signaux positifs pour HIIT mais c’est pas la Révolution et souvent l’adhésion au long cours est au bas mot décevante.
En gros, je pense que ce qui compte c’est encore une fois un truc simple : avoir de l’activité physique et s’y tenir. Marcher c’est bien ! Si c’est la première étape pour une activité physique plus intense, alors c’est super. Mais le HIIT a voulu nous vendre le concept qu’avec moins de temps on pouvait faire pareil voire plus. C’est attirant, un gros effort, assez bref, et notre corps a assez travaillé, on peut passer à autre chose. Moi, je crois que ce qui fonctionne c’est de trouver le truc qui va nous plaire pour y adhérer et faire que ça puisse devenir une routine où les petites contraintes s’effacent petit à petit pour devenir une habitude plaisante. Il y a aussi pas mal de gens à qui le côté sport/club/compét’ fait peur. J’ai eu une discussion intéressante à ce sujet avec un de mes meilleurs potes médecin de santé publique. C’est quelque chose que je sous-estimais. Je pensais que la notion de club de sport résonnait avec convivialité et amitié mais c’est vrai que rejoindre un club n’est pas forcément évident, faut s’accrocher pour rentrer dans les cercles (no pun).
L’activité physique reste un levier indispensable pour diminuer votre poids si c’est votre souhait. Sachez accepter la vision à long terme sur plusieurs années en ayant l’humilité de commencer piano sano. Mais, allez-y : en marche ! (oh oh oh) Rien ne sert d’attendre demain !